(par Alexandra)

Je ne sais pas trop quoi penser de ce roman…

schlink___le_retourD’un côté, le quotidien très quotidien du narrateur, son amour très ordinaire pour une femme plutôt ordinaire, la médiocrité de sa petite existence… et face à cet ennui (que l’on ressent assez vivement pendant bon nombre de pages !), l’histoire extravagante de son père, personnage on ne peut plus machiavélique… père que, depuis son adolescence, le narrateur croyait mort à la guerre. Or, il découvre que ce n’est pas le cas. Et les circonstances de cette découverte sont, il faut l’avouer, plutôt originales…

Ado, le narrateur tombe sur le fragment d’un roman à quat’ sous qui le passionne et qui raconte l’odyssée d’un soldat de la Wehrmacht qui revient dans sa ville (qui se trouve être la ville du dit narrateur). Des années plus tard, il apprend que l’auteur de ce roman est en fait son père, un propagandiste des nazis, qui, pour se faire oublier, est « mort », mais en réalité a émigré aux Etats-Unis pour enseigner le droit, professant des théories «déconstructivistes» extrémistes et menant des expériences qui rappellent les pires thrillers de Stephen King ! Théories déviées et par lesquelles il justifie le fascisme, prouvant par là qu’au fond, ses opinions n’ont guère changé…schlink_heimkehr

                     La lecture m’a laissée sur ma faim. Il y a beaucoup trop de pages sur (encore !) les affres quotidiennes du narrateur, et ce n’est que vers la fin que l’histoire devient réellement intéressante... là, où l’on est enfin confronté à ce père machiavélique, à ses idées… et on voudrait en savoir plus, aller plus loin… mais non, car le narrateur décide de rentrer chez lui (tel Ulysse, omniprésent). Il fait bien une tentative de se venger, de trahir le secret de son père, mais rien n’aboutit vraiment. C’est tout. L’auteur en reste là, et j’ai trouvé cela assez frustrant.

Aucun doute, j’ai préféré «Le liseur» et les policiers autour de « Selb »…

(Trad. par Bernard Lortholary)