(par Alexandra)

paasilinna___bestial_serviteurC’est la première fois que j’ouvre un livre de cet auteur finlandais dont plus d’une dizaine de romans ont pourtant déjà été traduits en français. Je n’ai pas pu résister au titre et à la couverture…

Titre qui annonce clairement la couleur d’ailleurs : il s’agit d’une vaste loufoquerie s’inspirant de la tradition des romans picaresques du genre «Don Quichotte» ou «Simplicius Simplicissimus», mais sans pour autant leur arriver à la cheville, il faut tout de même l’admettre ! Il lui manque la profondeur du propos de ses aïeux.

Il n’empêche que c’est une lecture très distrayante et un bon remède contre la morosité.

Le pasteur Huuskonen du titre est un personnage flamboyant : bien que marié, il a engendré deux ou trois enfants illégitimes. Ses prêches sont loin de se conformer aux enseignements canoniques de son Eglise, et pour couronner le tout, il a publié un étude de son cru dans laquelle il présente le Christ comme une sorte de «révolutionnaire communiste», un «insurgé rêvant d’établir l’indépendance d’Israël et de se faire proclamer roi», ses disciples tenant le rôle de «chefs d’une armée de guérilleros militairement organisés», et ce n’est pas fini ! Car pour son 50è anniversaire, sa paroisse décide de lui offrir un ourson orphelin qu’il appellera «Bélzeb», et avec qui il fera les 400 coups, ce qui lui vaudra d'être congédié par l'Eglise et quitté par sa femme. N'ayant plus de toit au-dessus de sa tête, il entamera une odyssée qui le mènera de Finlande jusqu’en Méditerranée, en passant par la Russie et l’Ukraine, toujours accompagné de son fidèle Bélzeb. Cet ours deviendra un personnage à part entière, pensant et agissant comme un humain, avec une prédilection pour le repassage et les rituels réligieux…

Des scènes cocasses, des situations improbables, un humour «pince sans rire» savoureux... le ton volontairement indifférent en rajoute encore à la dérision. Le tout est émaillé de coups de griffes (d'ours, cela s'entend!) contre l'hypocrisie humaine en général et la (les) religion(s) en particulier, ce qui n’est pas pour me déplaire…

J’avoue que j’étais prise d’un fou rire plus d’une fois !

(traduit du finnois par Anne Colin du Terrail; paru au éditions Denoël, et en format poche chez Folio)