aubenas

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(par Alexandra)

Beaucoup se souviennent certainement très bien du visage de Florence Aubenas, journaliste enlevée et retenue en otage en Irak pendant quelques mois, en 2005…
En 2009, elle a décidé, à l’instar de Günter Wallraff et d’autres, de jouer la «taupe», de s’immerger dans un milieu très différent du sien et d’enquêter pour témoigner… sans aller jusqu’au travestissement de certains de ses prédécesseurs, partant seulement dans une ville inconnue, Caen en l’occurrence, pour y chercher anonymement du travail. Rien de bien racoleur ! Juste l’histoire d’une dame de plus de quarante ans, sans qualification ni activité professionnelle qui, après s’être séparée de son compagnon, est obligée de travailler pour vivre… Une histoire très, très banale, quoi !
Elle nous embarque d’abord dans les méandres du Pôle Emploi. Et ce qu’elle rapporte confirme tout ce que des connaissances m’ont déjà raconté : beaucoup de blabla et de tracasseries pour une inefficacité maximum !!! Certes, les « conseillers » ne sont pas toujours responsables, et Florence Aubenas montre aussi leur désarroi,  mais on ne peut s’empêcher de se taper la tête devant autant de désorganisation et de gaspillage de temps et d’argent pour trois fois rien ! Que de démagogie !
Bref. Elle devient femme de ménage. Et là aussi, c’est n’est guère nouveau, mais c’est bien d’insister… les conditions de travail… le galop infernal d’un lieu de travail à un autre, pour cumuler quoi ? Quelques maigres heures ! Les méthodes des entreprises de nettoyage ! De l’esclavage !
Au passage, nous faisons connaissance avec ses collègues (et concurrentes), leurs conditions de vie difficiles
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Ce livre m’a vraiment sapé le moral. Et j’ai comme une envie de vomir quand je vois nos gouvernants discourir sur cette France «d’en bas» sans s’en préoccuper réellement sauf quand il s’agit de l’utiliser pour se faire élire !
Mais gardons l’espoir et soyons positifs, non ? Car à la fin du livre, au bout de six mois, Florence Aubenas a réussi à décrocher la lune : un CDI ! Un contrat de 5h30 à 8 heures du matin, payées 8,94 euros brut de l’heure ! Que demande le peuple ? Je vois de loin les sourires narquois qui proclament des «Voilà la preuve que, si l’on le veut vraiment, on y arrive
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(paru en 2010 aux Editions de l’Olivier)