peju - diagonale

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(par Alexandra)
J’avais découvert Pierre Péju avec «Le rire de l’ogre», roman que j’ai adoré (v. l’article sur ce blog). Puis j’ai lu «Cœur de pierre» que j’ai trouvé beaucoup moins convaincant. «La diagonale du vide» est donc mon troisième livre de cet auteur, et je l’ai abordé avec l’espoir de retrouver les émotions de «L’Ogre» tout en craignant d’être déçue…
Disons le tout de suite : je ne regrette pas cette lecture, mais elle n’égale tout de même pas «L’ogre»…
Marc, le personnage central, a fondé avec Mathieu, son ami de toujours, une entreprise florissante spécialisée dans les emballages «design». A la mort soudaine de Mathieu, Marc est déboussolé. Il prend conscience que sa vie est aussi vide que les emballages qu’il fabrique. Dans son désarroi, il laisse tout tomber, se met au volant de sa voiture et part. Il s’arrête sur un plateau perdu en Ardèche, dans un modeste gîte de randonneurs où il essaie de faire le point. Il y rencontre Marion, une mystérieuse randonneuse de passage, ancienne militaire qui le fascine. Elle dit traverser la France en suivant la Diagonale du vide, un chemin large de quelques kilomètres qui évite les villes et n’emprunte que des voies à peine fréquentées.  Marc se laisse entraîner à sa suite et découvre son douloureux passé qui nous emmène jusqu’en Afghanistan. Parallèlement, il renoue avec une vieille connaissance, Irène, une femme avec laquelle il a vécu une brève d’histoire d’amour à New York dix-sept ans auparavant. Elle se sait condamnée, et avant de mourir, elle lui confie son fils… Secourant et Marion et Irène, il va se reconstruire lui-même et trouver un nouveau sens à son existence.
Recherche du sens de la vie, solitude, séquelles du passé, femmes en prise avec des démons intérieurs: ce sont des thèmes que l’on retrouve aussi dans les autres romans de Péju que j’ai lus, et ils sont bien traités. Ce qui m’a dérangé un peu par contre, c’est « l’aspect D.G.S.E », la touche de Services Secrets avec ses représentants trop caricaturaux à mon goût. Le personnage d’Irène ne m’a pas convaincue non plus. On a l’impression qu’il sert surtout de prétexte pour raccrocher le drame du 11 septembre à l’histoire…
Bon, mon impression est plutôt positive dans l’ensemble, mais je n’ai pas trouvé ce roman très passionnant … d’ailleurs, l’insipidité de ce commentaire en témoigne !!!

(paru en format poche chez FOLIO)