Foenkinos - délicatesse(par Alexandra)

Lecture d’une soirée. Un livre qui n’est pas bien épais. Et que j’ai failli ne jamais toucher, n’ayant pas apprécié du tout un autre Foenkinos  (v. « Lennon ») et me méfiant de principe des « bestsellers » !

Et bien. Je ferais bien de ravaler mon arrogance, car ce roman est un plaisir de lecture. Vraiment.

Le titre en dit long : c’est bien la « délicatesse » qui caractérise l’histoire et ses personnages, et ceci dans toutes les acceptions du terme que Foenkinos nous propose entre deux chapitres. Nathalie, jeune femme en deuil de son mari qui s’est fait renverser par une voiture un dimanche au retour de son jogging ; Markus, d’origine suédoise et hors-normes, peu habitué aux femmes et au jeu de la séduction : leur histoire d’amour paraît improbable, et pourtant ! Le « cul » est remplacé par l’attention, l’écoute de l’autre, la tendresse. « C’est un livre pour les filles », m’a dit une des miennes… oui, je suis d’accord, pour les filles « fleur bleue » qui plus est, mais, mine de rien, c’est un mec qui l’a écrite !

C’est aussi une histoire qui raconte la difficulté de survivre à l’être aimé (« La douleur, c’est peut-être ça : une façon permanente d’être déraciné de l’immédiat. »), la difficulté de reprendre pied dans une vie dont chaque détail vous renvoie à un passé heureux et si irrémédiablement révolu : « Peut-on poursuivre la lecture d’un livre interrompu par la mort de son mari ? » Il est vrai que cela peut paraître banal, mais il y a une justesse de ton ici qui touche. Un ton grave, nostalgique, mais mêlé de légèreté néanmoins, avec des trouvailles pleines d’humour (La « rhapsodie des rotules » de Nathalie qui fait craquer son mari), des réflexions parfois absurdes, qui nous font rire (« Des enfances en Suède ressemblent à des vieillesses en Suisse »). L’ensemble s’amalgame très bien et nous fait passer un très bon moment, je le répète.

(paru en format poche chez FOLIO)