Goddard - Par un matin d'automne

(par Alexandra)

Pour présenter Robert Goddard, la 4è de couverture cite Stephen King : « Les romans qui vous tiennent éveillé jusqu’au petit jour sont denrée rare […] Dans un style parfait, Goddard vous manipule d’une main de maître. »

Je suis assez d’accord avec cet avis. « Par un matin d’automne » réserve au lecteur un suspens jusqu’au bout. Pourtant, l’intrigue n’est pas si compliquée que cela. Tout tient dans l’ambigüité des personnages qui ont des secrets cachés qui seront révélés au fur et à mesure, mais sans pour autant laisser deviner la fin…

L’action ici embrasse quasiment un siècle. En 1990, une vieille dame très anglaise, Leonora Galloway, se rend en France avec sa fille pour visiter un cimetière militaire où son père, mort dans les tranchés de la bataille de la Somme, est enterré. Elle profite de l’occasion pour lui dévoiler l’histoire mouvementée de sa famille… meurtre non élucidé, scandales inavouables, manipulations abjectes... les ingrédients indispensables du genre sont au rendez-vous!

Le seul reproche que je ferais à ce roman, c’est de faire raconter plusieurs personnages à des époques différentes, de leur faire rapporter des histoires que d’autres leur ont racontées, si bien qu’il m’est arrivé par endroits de ne plus très bien savoir qui parlait et à quel moment. En plus, il y a des homonymes ! Et oui, il faut suivre !

Sinon, le style est soigné, la langue fluide. Pas de dialogues superflus (que je ne supporte pas). Non, on prend plaisir à se laisser entraîner dans cette Angleterre qui cache si bien ses mystères dans de vieilles demeures !

(paru en 1988 et traduit en français en 1996 par Marie-José Astre-Demoulin ; paru en édition poche chez LDP)