Cato - Tous nos jours

(par Alexandra)

Mais bon dieu ! Qui a donc affublé ce roman d’un titre français aussi idiot ? Sachant que le titre original en est « In the Heart of the Continent », et que l’on aurait tout à fait pu le traduire fidèlement en français… Mais voilà, il est vrai : cela nous aurait beaucoup moins rappelé « Les oiseaux se cachent pour mourir » donc le succès reste dans les mémoires (des éditeurs surtout !)…

Ceci dit, je n’ai jamais lu « Les oiseaux… », et si j’ai lu cette saga-ci, c’est surtout qu’après « La chorale des maîtres bouchers », j’avais envie d’une autre épopée qui m’emporterait loin de mon quotidien…

Soyons clairs d’emblée : Nancy Cato n’arrive pas à la cheville de Louise Erdrich ! Pour moi, son roman relève de la littérature triviale (terme que j’emprunte à la langue allemande ... "Trivialliteratur"). Pas vulgaire, non, mais commun, accessible au plus grand nombre car les mots, les phrases sont des plus simples, et l’implicite n’existe pas. En plus, il ne faut pas avoir peur des anachronismes !

Il s’agit ici d’une chronique des années 1914 (à peu près) à 1945 qui met en scène deux femmes d’exception, mère et fille, au cœur GEOGRAPHIQUE d’une Australie encore fort sauvage.

La mére, Alix, femme bien trop libérée pour son époque, décide, à l’aube de la Première Guerre mondiale, de devenir infirmière et d’exercer son métier dans le bush. Elle y rencontre Jim, beau et jeune éleveur de bétail, elle l’épouse, accouche d’une fille prénommée Caro, devient veuve deux ans après. Elle élève sa fille pendant ses premières années pour la laisser ensuite à ses parents à Adelaïde et reprendre son métier  dans le bush.

Caro devient une jeune femme toujours trop libérée pour son époque, choisit également le métier d’infirmière, mais se passionne en plus pour l’aviation, passe son brevet de pilote et devient pilote des premiers « Flying doctors » australiens. Elle aussi rencontre un beau jeune homme, docteur celui-là, elle aussi tombe enceinte, mais son docteur ne meurt pas (il sera juste amputé d’une jambe), et le roman s’arrête là. C’est toute l’histoire, et elle n’a aucun intérêt ! J’avoue que j’ai lu en diagonale au moins la moitié des 670 pages, et je pense sincèrement que rien d’essentiel ne m’ait échappé.

Pourquoi l’ai-je donc lu, en fait, ce roman ? Certainement pas en raison de grands sentiments car il n’y en a pas. Au contraire, il flotte comme une indifférence froide au-dessus des épisodes les plus dramatiques de la vie des personnages ! Non, ce qui est intéressant, ce sont les descriptions des paysages du « outback » australien au gré des saisons et des humeurs de la météo. Et là, effectivement, on n’a plus qu’une envie, c’est d’aller voir par soi-même ! Et de parcourir sous des températures de 45° des distances inimaginables pour nous, petits Européens… faire trente kilomètres (aller seulement) rien que pour vider sa boîte à lettres … !!! Manger de la poussière rouge à longueur de temps ou s'embourber dans la vase de déserts transformés en énormes lacs par des pluies violentes... mais aussi plonger dans des lagons magnifiques (en surveillant quand même les crocodiles!), écouter les cacatoès et cueillir des fleurs qui poussent là où la veille il n'y avait que du sable...

Visiblement, Nancy Cato (1917-2000) était très amoureuse de la nature de son pays. On le sent aussi dans quelques réflexions sur les dégâts causés par l’élevage intensif qui aura rendu tout à faits arides des paysages semi-arides qui, auparavant, arrivaient régulièrement à se régénérer…

Donc un roman sans aucune qualité littéraire, mais qui garantit un occasion bienvenue de s’évader du cœur de l’hiver triste du Nord de la France !

(traduit de l’anglais par Bernard Ferry et paru en format poche aux éditions POCKET)