Charyn - Emily Dickinson

(par Alexandra)

Je suis dubitative. En fait, je ne sais pas si je dois aimer ou non cette biographie TRES romancée de la poétesse américaine Emily Dickinson que nous sert ici Jerome Charyn. Et la 4è de couverture a beau m’apprendre que Charyn dépasse la « légende » Dickinson en lui donnant une voix, je crois que j’aurais finalement préféré qu’il ne le fasse pas… Car la voix que j’ai dans l’oreille à présent ressemble plus à un pépiement de petit oiseau sautillant (pour ne pas parler de Daisy le kangourou !) qu’à la voix sensuelle qu’avait Emily Dickinson dans mon imagination, une voix pleine de passion qui me disais des poèmes que je ne comprenais pas toujours mais que j’adorais. Suivre Charyn dans le « labyrinthe de (sa) cervelle » n’était pas une bonne idée pour moi. Du nom « cervelle » dérive l’adjectif « écervelé », et celui-ci résume assez bien l’image que je retiens d’Emily Dickinson après la lecture de cette « Vie secrète ». Charyn m’a un peu gâché le plaisir.

Tout n’est pas négatif, non, le roman constitue une peinture assez instructive et distrayante des mœurs de la Nouvelle Angleterre du 19è siècle, mais après les 200 premières pages, je me suis souvent ennuyée. La preuve : ma lecture a traîné plus d’un mois… me faisant du même coup souvent perdre le fil, ce qui n’a pas aidé !

Bref, j’ai une nette préférence pour « La dame blanche » de Christian Bobin, beaucoup plus court, mais ô combien plus intense ! Et qui garde intact le mystère et la fascination qu’exerce toujours « the Belle of Amherst » !

(Traduit de l'Anglais (Etats-Unis) par Marc Chénetier et paru aux éditions Rivages)