kehlmann_kaminski(par Alexandra)
Peut-être que vous vous êtes fait la réflexion comme moi en lisant le titre du roman : «Moi et Kaminski», et non pas «Kaminski et moi» ?...  Dans cet ordre-là, ça manque foncièrement de politesse, non ? Et bien oui, et c’est un précieux premier indice qui nous renseigne sur la personnalité de Sebastian Zöllner, le personnage central de ce bref roman, le «moi» du titre, le narrateur … un des personnages de roman les plus antipathiques que j’ai rencontrés dans ma vie de lectrice compulsive !!! Un parasite obséquieux, calculateur et sans scrupules ! Soi-disant journaliste spécialisé en peinture, il cherche un moyen de gagner de l’argent et de devenir célèbre. Il se met donc en tête d’écrire la biographie d’un peintre à moitié oublié, Kaminski, très âgé et très malade. Comptant sur la mort proche de ce peintre et sur les rétrospectives allant de pair avec ce genre d’événements, Sebastian Zöllner espère pouvoir sortir sa biographie à point nommé et récolter la gloire… il s’obstine donc à persécuter ce pauvre Kaminski envers et contre tous, avec une insolence et un aplomb à peine croyables, faisant totalement abstraction de l’être humain qu’il a en face de lui ! Il est réellement infecte!kaminsiki
Evidemment, tout ceci ne constitue que le cadre du récit. L’auteur n’en reste pas là. En brillant conteur qu’il est, il sait retourner les situations pour aboutir enfin à des interrogations existentielles …

A ne pas manquer ! Vraiment !

(traduit de l’allemand par Nicole Casanova ; paru chez Actes Sud)