Mankell___L_homme_inquiet

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(par Alexandra)
Et c’est fini ! Plus d’enquêtes de Kurt Wallander! «L’Homme inquiet» était bel et bien sa dernière. Celle qui clôt la série de onze qui m’a accompagnée depuis de longues années. Et elle la clôt magistralement, c’est le moins qu’on puisse dire ! Mankell a mis les bouchées doubles pour le départ de son héros qui l’a rendu célèbre !
Notre Wallander a pris un sérieux coup de vieux. Non seulement physiquement, mais «dans sa tête» aussi. Lui-même sent les ravages de l’âge, il ressemble de plus en plus à son père, il n’a quasiment plus d’amis, il est seul et angoissé devant la mort qui l’attend au tournant. Il boit plus que de raison  et sombre dans les souvenirs d’un temps révolu où sa fille Linda était petite… Linda qui a une fille désormais, et oui, Wallander est grand-père !
Professionnellement, il se retrouve plus ou moins sur la touche. Le cas qu’il résout ici, n’a rien à voir avec sa fonction de commissaire à Ystad.  Il s’y trouve mêlé en sa qualité de père, ou plutôt de beau-père, puisque ce sont les parents du compagnon de Linda qui disparaissent mystérieusement, le père d’abord, la mère quelque temps après. L’intrigue policière se teinte ici en roman d’espionnage qui remonte le temps jusqu’au début des années soixante. La guerre froide sert de toile de fond, et la politique de neutralité de la Suède dans le conflit Est-Ouest ainsi que l’assassinat d’Olof Palme donnent matière à réflexion…
Difficile d’en dire plus sans enlever le suspens qui dure jusqu’aux dernières pages, retournement de situation oblige ! Certes, les facultés intellectuelles de notre Wallander baissent, mais son intuition infaillible reste entière. L’enquête entière est un exemple d’intelligence, un plaisir pour le lecteur !
Cher Kurt, malgré ton ventre, ton aspect négligé et ton côté «ours mal léché», tu étais devenu un vrai copain ! Tu laisses un vide !

(traduit du suédois par Anna Gibson et paru aux éditions du Seuil)