*****

la_pierre_et_le_sabre

(par ANNABELLE)
La Pierre et le Sabre est le premier tome d’une suite qui en compte deux (le deuxième étant « La Parfaite Lumière»). C’est un livre basé exclusivement sur la vie Musashi Miyamoto (dit Miyamoto Musashi dans l’ordre japonais) personnage ayant réellement existé et qui se trouve être le plus célèbre de tous les bretteurs nippons, ainsi que l’inventeur de l'escrime à 2 sabres. Ce personnage vit à une époque importante pour le Japon, celle de l'établissement du Shogunat (au début du 17ème siècle). Ce roman décrit avec force et rebondissements sa vie, depuis le simple paysan adolescent – du nom de Takezō Shinmen - qui s’amuse avec des sabres en bois et qui brasse….. surtout de l’air…. Jusqu’au maître samurai, plusieurs années plus tard, connu de tous sous le nom – car il l’a changé en se repentant des ses actes passés – de Musashi Miyamoto. Le lecteur va suivre dans ce premier tome son parcours initiatique à travers les batailles – en commençant par sa participation à la fameuse bataille de Sekigahara lorsqu’il était encore jeune – les duels incessants et, entre autres, sa rencontre avec son rival de toujours : Kojirō Sasaki ainsi que les différents voyages qu’il fera afin de s’affermir le corps et l’esprit – il a dû faire plusieurs fois le Japon à pied, si on y réfléchit après coup…. Eiji Yoshikawa nous compte donc, en version un tantinet plus romancée, la vie de Musashi depuis Sekigahara (en l’an 1600) jusqu’en 1612, année de ses 28ans !

 Un roman… que dis-je ! Un pavé – de beurre, car il se lit comme tel - qui doit être lu par tous ceux qui affirment être fans du Japon ! Certainement un des meilleurs livres que j’ai jamais lu ! Bien sûr, on pourrait croire qu’à force de combats, le tout devient lourd et répétitif…. Eh bien non ! Pas le moins du monde ! Les duels sont décrits de façon à tenir en haleine les plus calmes d’entre nous et on s’y croirait vraiment ! Qui plus est, pour les sceptiques et les anti-conformistes : ce n’est pas toujours Musashi qui gagne, ni toujours lui le « gentil » et les autres les « méchants » !!! L’ambiance de l’époque, les réflexions et les remises en question du personnage de Musashi sont parfaitement retranscrites. Malheureusement, il est nécessaire d’avoir un minimum de connaissances de la culture et de l’histoire nippone avant de s’avant de s’aventurer dans ce roman.

L’un des plus gros souvenirs que je garde - en dehors des choses déjà citées – de ce livre, c’est que le Japon doit être, finalement, un pays vraiment petit (comme le monde, dans l’expression « Que le monde est petit ! ») car les destins des personnages les plus importants ou intéressants se recoupent toujours ! C’est ainsi que deux personnes qui se cherchent vainement depuis des années, en se basant uniquement sur les rumeurs et les on-dit de l’autre, vont se rencontrer à plusieurs reprises - et se parler même - sans savoir que c’est la personne en question !!! J’avoue… par moment c’est assez agaçant quand on le sait….

Oh ! Et pour ceux qui sont rebutés par l’idée de batailles : il n’y a pas que ça ! J’ai déjà mentionné l’autodiscipline de Musashi ainsi que ses réflexions philosophiques (le titre parle de lui même : le sabre c'est le samurai ; la pierre fait plutôt moine bouddhiste.....)…. Mais…. Il y a aussi une petite histoire d’amour en fond (là, par contre, je ne garantis pas la véracité historique des faits) avec des hauts et des bas, comme toute love story qui se respecte !

 

Voilà ! Un livre à lire au moins une fois !

****

 la_parfaite_lumi_rePour ce qui est du deuxième tome, La parfaite Lumière, il s'agit surtout de la quête de Musashi pour trouver la "Voie"... en effet, dans ce deuxième volume - lui aussi d'environ 700 pages - notre bretteur passe une bonne partie de son temps à se terrer dans les montagnes tel un ermite, en essayant - plus ou moins, mais surtout en vain - de cultiver un champs avec son apprenti... oui ! Car dans cette partie de l'histoire, Musashi se trouve un apprenti, il n'y en aura d'ailleurs pas qu'un seul (officiel en tout cas, mais pour ce qui est d'être vraiment traité comme un apprenti samurai...)
Il y a également la suite de l'histoire d'amour du premier tome, à vrai dire elle tient dans ce tome une place très importante et y est mise beaucoup plus en évidence que dans "La pierre et le sabre", où elle était plutôt discrète, cachée, inavouée.... là elle est vraiment insistée... le tout est différent, mais tout aussi bien que le premier tome car il rend le personnage de Musashi plus humain et moins "machine de guerre" ! Le roman se finit (Attention SPOIL !) avec le duel tant attendu, le plus important de la vie de Musashi : celui contre Kojirō Sasaki (Sasaki Kojirō dans le sens jap') - dit Ganryū - le 14 avril 1612 sur l'île de Mukojima (voyez, on en connait l'exacte date, dire si c'était important !)....

(édité en poche chez J'AI LU)