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(par ANNABELLE)
Zola___GerminalGerminal……… est-ce bien nécessaire de parler de ce livre ?

Je crains que ma conscience ne m’y oblige…… laissez moi donc écrire cet article en silence et ainsi oublier ma peine rapidement……

 

 

 

Qui ne connaît pas ? Qui n’en a jamais entendu parler, ne serait-ce qu’une fois, cité par un grand frère - ou une grande sœur - au lycée, ayant eu le même châtiment que moi cette année : le lire mot pour mot, en ENTIER……..

Chassé d’un atelier de chemin de fer dans le sud de la France pour avoir insulté et giflé – en état d’ivresse, qui plus est – un de ses supérieurs, Etienne Lantier arrive un soir à Montsou, dans le nord, à la fosse minière du Voreux. C’est là que débute notre histoire – une entrée « in medias res » comme dirait ma prof de français adorée – et celle de notre héros. C’est donc dans cette mine que Lantier se fait embaucher – grâce à la mort d’une compatriote, comme quoi, tout commence bien – en tant que herscheur (pousseur de wagonnets). Là, il fait la connaissance de Toussaint Maheu – Maheu tout court, son prénom n’apparaît qu’une ou deux fois dans toute l’histoire – un autre mineur, avec lequel il se lie rapidement d’amitié et chez qui il vient habiter un peu plus tard dans l’histoire… Bien qu’étant un ouvrier et un ami irréprochable, Etienne est un autodidacte des plus médiocres : en effet, il se passionne pour le socialisme et lit avidement des brochures et des livres envoyés par son ancien contremaître Pluchart (avec lequel il reste toujours en contact) sur le sujet, mais le tout sans aucune méthode… Avant d’être locataire chez Maheu, Etienne loge chez Rasseneur, l’aubergiste du village, chez qui il a de longues conversations avec Souvarine, anarchiste et partisan de l’action directe et violente. Puis un jour, la grève des mineurs éclate : Lantier en est le leader incontesté et la portera du début jusqu’à son échec final, qui lui sera fortement reproché par ses camarades mineurs… A tout cela s’ajoute une histoire d’amour tragique entre Etienne et Catherine, la fille ainée de Maheu. A peine agée de 15ans, celle-ci est, entre-temps, violée par Chaval, une brute affreusement jalouse d’Etienne, sur tous les points. L’histoire s’achève avec la mort de presque tous les personnages importants – que je ne vais pas citer parce que je ne veux pas être la seule de corvée de lecture – tout en finissant, malgré la fin tragique, sur une légère note optimiste qui justifie le titre que Zola a donné à son roman : de même que les graines germent pour donner le blé et les autres plantes nourricières, la révolte des mineurs porte n’est que le début d’autres luttes, plus importantes, qui changeront un jour le monde :

 

« Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. »

 

Bon, j'avoue que cette lecture restera certainement un des plus mauvais souvenirs de mon existence ! M'enfin, maintenant que c'est fait, je suis fière d'être parvenu au bout et contente de l'avoir travaillé plus en détail. En fait, je n'ai apprécié que les passages étudiés en cours ou de mon côté pour les cours. Je dirai qu'il est à lire, évidemment, mais pas obligatoirement..... prenez votre temps avant !

 

Extrait :

« Ce fut une stupeur. Ils avaient tiré, la foule béante restait immobile, sans le croire encore. Mais des cris déchirants s'élevèrent, tandis que le clairon sonnait la cessation du feu. Et il y eu une panique folle, un galop de bétail mitraillé, une fuite éperdue dans la boue.
Bébert et Lydie s'étaient affaissés l'un sur l'autre, aux trois premiers coups, la petite frappée à la face, le petit troué au-dessous de l'épaule gauche. Elle, foudroyée, ne bougeait plus. Mais lui, remuait, la saisissait à pleins bras, dans les convulsions de l'agonie, comme s'il eût voulu la reprendre, ainsi qu'il l'avait prise, au fond de la cachette noire, où il venaient de passer leur nuit dernière. Et Jeanlin, justement, qui accourait enfin de Réquillart, bouffi de sommeil, gambillant au milieu de la fumée, le regarda étreindre sa petite femme, et mourir.
Les cinq autres coups avaient jeté bas la Brulé et le porion Richomme. Atteint dans le dos, au moment où il suppliait les camarades, il était tombé à genoux ; et, glissé sur une hanche, il râlait par terre, les yeux pleins des larmes qu'il avait pleurées. La vieille, la gorge ouverte, s'était abattue toute raide et craquante comme un fagot de bois sec, en bégayant un dernier juron dans le gargouillement du sang.
Mais alors le feu de peloton balayait le terrain, fauchait à cent pas les groupes de curieux qui riaient de la bataille. Une balle entra dans la bouche de Mouquet, le renversa, fracassé, aux pieds de Zacharie et de Philomène, dont les deux mioches furent couverts de gouttes rouges. Au même instant, la Mouquette recevait deux balles dans le ventre. Elle avait vu les soldats épauler, elle s'était jetée, d'un mouvement instinctif de bonne fille, devant Catherine, en lui criant de prendre garde ; et elle poussa un grand cri, elle s'étala sur les reins, culbutée par la secousse. Etienne accourut, voulut la relever, l'emporter ; mais, d'un geste, elle disait qu'elle était finie. Puis, elle hoqueta, sans cesser de leur sourire à l'un et à l'autre, comme si elle était heureuse de les voir ensemble, maintenant qu'elle s'en allait.
Tout semblait terminé, l'ouragan des balles s'était perdu très loin, jusque dans les façades du coron, lorsque le dernier coup partit, isolé, en retard. »

Non, je ne mets pas la suite ! A vous de lire !

 

~> Il existe une adaptation filmographique du livre. Très réussie ! Avec Gérard Dépardieu dans le rôle de Maheu et Renaud (ouioui, le chanteur) dans celui d'Etienne. Je l'ai BEAUCOUP plus apprécié que le livre, mais ai-je vraiment besoin de le préciser... ?                                                                                                                                           (édité en Livre de Poche)