dieux_chiens(par Alexandra)
Je n’ai pas compris pourquoi ce roman est paru dans la collection Actes Noirs… je m’attendais à un roman policier ou du moins noir, mais non, il n’en est rien, un petit souffle de fantastique pas très gai, c’est tout !
J’avoue que j’ai donc mal débuté ma lecture… en attendant, de page en page, que l’intrigue démarre, me forçant à poursuivre… ne voyant rien venir, je me suis résignée et, tirant un trait sur le polar, j’ai tenté de trouver d’autres charmes à ce roman. Hélas, toujours en vain !
L’histoire de Miki, quadra célibataire au passé et au présent empreints d’amours incestueux, ne m’a guère touchée. Jusqu’à la page 130 on suit son quotidien (elle partage la maison avec la famille de son frère, elle fabrique du papier à l’ancienne, elle fait le ménage et la cuisine….) saupoudré de quelques réflexions et états d’âme. Tout cela manque singulièrement d’intérêt !
Et voilà qu’un premier fait « étrange » survient ; qu’il est question tout à coup des « dieux chiens »… chic, me dis-je, ça commence enfin ! Nouvelle déception ! Il faut attendre la page 176 (sur 315 !) pour apprendre que la dame (Miki) est intimement liée à ces mêmes bébêtes et qu’une certaine tension s’installe… non, n’exagérons rien, finalement ce n’est pas encore tout à fait ça, il faut patienter encore un peu… ce n’est qu’à environ 50 pages de la fin que l’action nous saisit vraiment (et oui, tout arrive !), mais le roman est quasiment fini.
Suis-je injuste ? Ou n’ai-je rien compris ? Il n’y a rien à comprendre, car là où il y a du fantastique, l’explication est livrée avec… aucun mystère à percer, aucune énigme à résoudre, aucun enchantement à goûter, aucune ambiance ambiguë qui nous prendrait à la gorge… d’accord, il y a ces fameux « dieux chiens », mais nous sommes tellement abreuvés de Heroic Fantasy et de mangas aux créatures les unes plus extraordinaires que les autres que ces pauvres dieux chiens font pâle figure à côté !
Reste le récit de la haine d’un village pour une de ses familles et les représailles qui s’en suivent… voilà que nous trouvons matière à interprétation : l’éternelle histoire du bouc émissaire ? Malheureusement, le surnaturel coupe court à notre tentative de second degré…
Je n’ai pas marché d’un bout à l’autre, c’est très clair ! Certains ont trouvé de la poésie dans ce roman, dans la description de traditions anciennes ou des paysages de montagne… voyons, le lexique sort tout droit d’un dépliant touristique ou d’un reportage façon « Télé 7 jours », même les scènes d'amour sont d'un convenu... Je n’y ai trouvé aucune originalité ! Pour le même prix, on peut trouver beaucoup mieux !

(paru chez Actes Sud, coll. Actes Noirs)