hosseine___kaboul

C’est ma fille aînée, Pauline, qui m’a «collé» ce livre dans les mains, ne me laissant pas vraiment le choix… elle l’avait adoré, donc il fallait que je le lise aussi ! Et je n’ai pas regretté la lecture, car c’est un roman très émouvant, et qui plus est, d’une actualité brûlante (nous sommes aujourd’hui le 21 août 2008, et ce n’est pas plus tard qu’hier que dix soldats français se sont fait tuer en Afghanistan !!!)
Amir, le narrateur, est un écrivain d’origine afghane qui, depuis l’âge de treize ans, vit aux Etats-Unis. Il y est arrivé avec son père, un riche dignitaire de l’ancien régime qui s’est vu obligé de s’exiler après la chute du roi Zaher Shah.
Amir nous raconte son enfance à Kaboul, enfance heureuse qu’il passe en compagnie d’Hassan dont il est inséparable. Seule ombre au tableau : Amir est pachtoune, et Hassan, fils du serviteur de son père, appartient à la minorité chiite d’Afghanistan qu’on appelle les Hazâra ; minorité rejetée et persécutée depuis toujours dans ce pays, et massacrée avec une ferme volonté de nettoyage ethnique par les talibans. La différence ethnique n’a pas pourtant pas d’importance dans la maison d’Amir, mais à l’extérieur, Hassan subit fréquemment des brimades.
C’est une de ces brimades, plus violente que les autres, qui sera à l'origine de la rupture des deux amis : Hassan se fait violer par un camarade d’école d’Amir connu pour son extrême brutalité. Amir est témoin de ce viol depuis une cachette, mais sa peur l’empêche de venir en aide à son ami. Or, il s’aperçoit qu’Hassan l’a vu, qu’il sait qu’il était là sans intervenir... Hassan ne lui reprochera jamais cette trahison, mais Amir ne peut pas se la pardonner à lui-même. Il ne se remettra jamais d'un profond sentiment de culpabilité. Il préférera la fuite en avant en mettant fin à leur amitié plutôt que d’avouer sa faute…
Aux Etats-Unis, au début des années 2000, Amir reçoit un coup de téléphone de la part d’un proche réfugié au Pakistan et qui veut le voir avant de mourir. Amir s’empresse de lui rendre visite pour apprendre finalement de sa bouche un grand secret : Hassan était en fait son demi-frère ! Il apprend aussi que les talibans l’ont assassiné, ainsi que sa femme ; qu’il laisse quelque part dans les décombres de Kaboul un fils du nom de Sorhab, désormais seul au monde. Amir se mettra à sa recherche, découvrant un pays totalement dévasté…
On a les larmes aux yeux plus d’une fois en suivant le destin tragique d’Amir et d’Hassan ! Et bien qu’il y ait quelques petites longueurs vers le milieu du livre, on est tenu en haleine jusqu’au bout. Mais en dehors de l’histoire de ces frères, c’est la réalité d’un pays qui nous prend à la gorge ici, la souffrance d’un peuple, et qui est loin d’être finie ! C’est bien de nous en souvenir de temps en temps !

(par Alexandra )

(paru chez 10/18, domaine étranger)