Comme j’ai lu ce roman il y a un certain temps déjà, lors de sa sortie en Allemagne, mes souvenirs commencent à se faire un peu flous… je passe donc la parole à Yves, mon mari … en précisant tout de même que mon jugement aurait été moins sévère…

(par Yves)

mankell___cerveauConseillé par mon épouse blogueuse et lectrice, j’attendais beaucoup de ce Mankell sans Wallander. Tous les ingrédients habituels du cocktail suédois sont retrouvés, lenteur, précision des sentiments, réflexions intimes, retour vers le passé, analyse intérieure…Je me suis donc plongé dans cette quête d’une mère à la recherche des causes de la mort de son fils, mais aussi de son fils, dont elle découvre les facettes inconnues. Cette mort suspecte du fils unique l’amène à laisser tomber ses fouilles archéologiques en Grèce, à renouer avec son ex mari exilé en Australie et à découvrir les lieux de vie et de passion d’un fiston moins lisse que le souvenir d’une mère peut l’imaginer, transitant en Espagne, pour conclure au Mozambique. Loin du voyage touristique, c’est l’activité de laboratoires pharmaceutiques au coeur de l’Afrique que Mankell approche, évoquant ou plutôt suggérant un trafic nécessairement odieux qui touche des malades du Sida. Exotisme, industrie cynique, finances occultes, victimes apeurées, j’aurais aimé suivre avidement les aventures de cette mère courage qui égrène les cadavres autour d’elle, son mari, ses amis, les témoins….qui rencontre des acteurs au vernis bien intentionné mais au corps très glauque…mais, non, impossible d’accrocher tant les invraisemblances s’accumulent. Tout le monde meurt, sauf la mère courage qui vivante risque toujours de dévoiler les dessous des cartes...mais quelles cartes d’ailleurs, jamais clairement affichées, seulement suggérées. Un poker sans mise, sans que les menteurs ne se dévoilent, une gueule de bois qui laisse les présumés méchants très gentils, une maman très gentille très seule. Au final un sentiment de décryptage médico économique bâclé, … comme l’autopsie de Kennedy dont le cerveau disparu tient lieu de prétexte à un livre sans épaisseur. Un petit Mankell.

(traduit du suédois par Rémi Cassaigne et paru aux éditions du Seuil)