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(par Alexandra)

 

russell___contes_barbaresUn polar certes sans ambitions littéraires, mais comme je les aime bien, avec un commissaire qui existe, qui prend corps, qui a une vie en dehors du boulot, qui a des états d’âme (un peu à l’image de mon bien-aimé Wallander, mais en moins désabusé). Avec une intrigue bien ficelée aussi : un serial killer, bien sûr, mais qui n’est pas mu par des perversions sexuelles qui donneraient lieu à des descriptions complaisantes, comme chez Val Mc Dermid (pour ne pas la citer !). Non, la trame de fond est fournie ici par les contes populaires recueillis par les frères Grimm, ainsi que par une réflexion reposant sur le principe que «l’art imite la réalité qui imite l’art»… réflexion plutôt intéressante (sans être fulgurante pour autant).

L’intrigue se situe dans le nord de l’Allemagne, à Hambourg. Fait étonnant, car l’auteur est britannique, mais une petite note biographique au début du roman nous apprend qu’il a une connaissance approfondie de la langue et de l’histoire allemandes… c’est le moins que l’on puisse dire ! Il y a un nombre de détails «allemands», du «caffè Macchiato» à la mode dans les librairies, en passant par Herbert Grönemeyer (énorme star du rock allemand et que j’adore !), jusqu’aux noms d’hôpitaux, numéros d’autoroutes ou marques de bière (inconnues en dehors du pays) : il y a cent fois plus de références «allemandes» que dans n’importe quel roman allemand ! Je pense qu’un lecteur non averti, surtout non germanophile ni –phone se lassera, mais pour moi qui vis loin de mon ancienne patrie et qui connaît parfois une certaine nostalgie du pays, cette immersion «germanique» était tout à fait réjouissante (même si je viens du coin opposé et que mon enfance n’a pas été imprégnée par les plages de la Frise de l’Est et la mer du Nord !) Abstraction faite néanmoins de quelques interminables déambulations dans Hambourg avec des enchaînements de noms de rues, de quartiers… je crois qu’on pourrait dessiner une carte de la ville avec toutes ces indications ! C’est un brin ennuyeux ! Mais bon, ne soyons pas mesquins ! J’ai tout de même envie de lire les deux autres volumes de la trilogie (et dont les «Contes barbares» constituent en fait le deuxième volet).

 

 

(traduit de l’anglais, de manière hélas un peu approximative parfois, par Aurélie TRONCHET; paru en format poche chez POINTS)