Findley___Pilgrim

:(

 

(par Alexandra)

Un roman qui, certes, ne manque pas d’intérêt, mais qui m’a prodigieusement agacée au bout d’un moment en raison du (trop) grand nombre de pages que j’estime inutiles… apprendre qu’au petit déjeuner une moitié de pamplemousse est servie sur un lit de glace dans une coupe d’argent au bord treillissé et qu’en son centre elle s’orne d’une cerise au marasquin qui est glacée au sucre qui plus est… franchement, qu’est-ce que j’en ai à faire ? Et ce n’est qu’un tout petit (et bref) exemple parmi beaucoup d’autres que j’aurais pu citer et qui sont parfois longs de plusieurs pages…

Donc, si on ramenait ce pavé de plus de 800 pages (en format poche) à …disons 450, je crois qu’on aurait moins de mal à cerner l’essentiel !

L’essentiel justement, le voici : un Anglais très distingué du nom de Pilgrim (tout un programme !) s’avère être immortel. Il traverse les siècles depuis toujours, finit par ne plus aimer la vie, se suicide plusieurs fois pour toujours ressusciter après… une amie a la bonne idée de l’emmener dans la clinique psychiatrique suisse de Burghölzli où officie Carl Gustav JUNG. Nous sommes en 1912.

Pilgrim est schizophrène. On apprend par son journal intime qu’au cours de sa longue vie, il s’est (entre autres) incarné en Troyen qui a assisté à la mort d’Hector ; en l’assistant d’un verrier de la cathédrale de Chartres ; en Elisabetta Gherardini, plus connue sous le nom de la Joconde; en un berger espagnol témoin des lévitations de Sainte Thérèse d’Avila ; en ami d’Oscar Wilde… complètement hermétique au début de son séjour à la clinique, Pilgrim s’ouvrira au fur et à mesure au docteur Jung, allant jusqu’à le ridiculiser avant de s’enfuir pour voler la Joconde et incendier la cathédrale de Chartres. Se mettant en route pour l’Espagne, il trouvera en la Loire son Styx et disparaîtra. Fin.

Je ne peux pas dire que du négatif. J’ai par exemple beaucoup aimé les pages sur la Joconde, sur Florence et Leonardo da Vinci, tout à fait saisissantes. J’ai aimé aussi l’approche des théories psychanalytiques de Jung qui est en train, à l’époque donnée, de trouver sa voie.

Par contre, je n’ai pas aimé du tout les détails inutiles dont j’ai parlé plus haut, même si parfois, ils sont empreints, il est vrai, d’un certain humour. Ce qui m’a dérangée également, c’est l’image que l’auteur donne de Jung : un homme naïf, lubrique, superficiel, pas vraiment à la hauteur de sa tâche. Je me suis demandée plus d’une fois ce qu’il venait faire dans tout cela, car en fait, il sert simplement de faire-valoir à Pilgrim… La construction du roman est lourde, la fin laisse un peu perplexe : on ne comprend pas pourquoi Pilgrim tient à détruire tout à coup certains vestiges de ses vies antérieures… je suis restée sur ma faim… mais j’ai peut-être raté quelques indices importants, car j’avoue que j’ai fini le livre «en diagonale», histoire de ne pas l’abandonner en cours de route ! Vous l’aurez compris : «Pilgrim» ne m’a pas convaincue du tout !

 

(traduit de l’anglais par Isabelle Maillet et paru en format poche chez FOLIO)