waters___du_bout_des_doigts

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(par Alexandra)

 

A un moment, l’un des personnages du roman s’exclame : «Si vous pouviez vous entendre ! Des machinations diaboliques ? Des scélérats sardoniques ? Des héritages accaparés et des jeunes filles internées frauduleusement ? C’est le fatras dont on fait les romans de gare

Résumée sommairement, l’histoire tient effectivement du roman de gare. Mais rassurez-vous, car ce pavé (paru en Grande-Bretagne en 2002) vaut quand même mieux que cela, à commencer par ses 750 pages !

Le cadre est constitué par l’Angleterre victorienne, avec une ambiance comme on peut la trouver chez Dickens, Thomas Hardy ou encore dans certaines enquêtes de Sherlock Holmes : les bas-fonds de la ville de Londres, la pauvreté, la criminalité, la saleté, mais aussi la campagne en amont de la Tamise, certes moins polluée, mais guère plus alléchante… Les descriptions sont saisissantes de crasse et d’odeurs ! On sent Jack the Ripper rôder!

Susan Trinder, une «fille du peuple», nous raconte la 1ère et la 3è partie ; Maud Lilly, membre de la «bonne société» la 2è. Une seule chose les rapproche : elles sont orphelines toutes les deux. C’est autour d’elles et avec elles que l’intrigue se nouera, avec de nombreux rebondissements. Avec les ingrédients cités plus haut. Difficile d’en dire plus sans gâcher la surprise (car il y en a, croyez-moi !).

On passe un bon moment, même si j’ai trouvé quelques longueurs dans la 2è partie… mais c’était peut-être justement parce que j’avais envie d’arriver à la fin pour connaître le dénouement; fin qui m’a finalement un peu déçue… idem pour le parti pris de faire narrer deux parties par Susan et une seule par Maud… il ya comme un déséquilibre qui s’installe et qui m'a laissée sur ma faim!

Disons que c’est une vraie lecture de vacances, romanesque à souhait, avec des personnages qui existent, du cœur, des sentiments, du cul (j’ai compris d’ailleurs pourquoi Sarah Waters est une des égéries de la communauté lesbienne britannique !)…

Donc, n’hésitez pas !


 

 

(traduit de l’anglais par Erika ABRAMS, et paru en format poche chez 10/18)