bayer___chevaux_bris_s

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(par Alexandra)

David Weiss, dessinateur de portraits-robots, revient dans sa ville natale du midwest américain pour réaliser les dessins des audiences d’un procès très médiatisé mais qui exclut les télévisions. Il profite de son temps libre pour tenter d’élucider un double-meurtre vieux de vingt-six ans et dont le coupable n’a jamais été démasqué. Ce crime affecte personnellement David (âgé à cette époque de douze ans), car la première des deux victimes était son professeur de français. La deuxième était en même temps la maîtresse de celui-ci,  la mère d’un de ses camarades de classe et une patiente de son père, psychanalyste de son état.
David reprend l’enquête à zéro, interroge les anciens témoins, retourne sur les lieux liés à l’affaire… et par la même occasion sur les lieux de son enfance, se souvenant d’épisodes cruciaux qu’il a vécus là. Au fur et à mesure, nous nous rendons compte que David est bien plus concerné par le drame qu’il ne le laisse supposer au début... Il finira effectivement par résoudre les énigmes et trouver le coupable…
J’ai trouvé agréable ce polar qui, certes, ne révolutionne pas le genre, qui avance assez lentement, qui ne connaît guère de rebondissements spectaculaires. L’intérêt réside à mon avis beaucoup moins dans l’enquête elle-même que dans l’étude des personnages impliqués ; personnages creusés, au passé trouble, au profil psychologique complexe. David Weiss d’abord, ce dessinateur qui, en «croquant» les gens, réussit à les cerner de très près, à les sentir, à se mettre au diapason ; les victimes du meurtre, la femme surtout, avec son «rêve des chevaux brisés» qui est analysé longuement … une belle leçon d’interprétation des rêves d’ailleurs, même s’il faut avouer que le «rapport» de l’analyste casse un peu le rythme du roman. Il y a indéniablement une ambiance qui s’instaure, entre nostalgie douloureuse d’un passé révolu et érotisme chaud, chaud, chaud…

(Traduit de l’américain par Gérard de Chergé et paru en format poche chez Rivages/Noir)