Mankell___chaussures_italiennes

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(par Alexandra)
Il me semble que c’est un livre pour des gens d’un certain âge : le récit d’un vieil homme qui croit en avoir fini avec la vie et qui soudain la voit recommencer
Le vieil homme, c’est Fredrik Welin, ancien chirurgien qui a raccroché après avoir amputé par mégarde le mauvais bras d’une jeune femme. Il s’est retiré sur l’île dont il a hérité de ses grands-parents ; une île au large des côtes suédoises, rien que des rochers, quelques arbres, une plage, beaucoup d’hiver, de vent et de froid, et lui seul au milieu, sans autres habitants. Sa principale occupation : faire un trou dans la mer glacée pour se baigner et noter dans un journal le temps qu’il fait
Le renouveau arrive en la personne de Harriett, son amour de jeunesse qu’il a jadis lâchement abandonné. Elle souffre d’un cancer, et avant de mourir, elle l’emmène dans le nord de la Suède pour le présenter à leur fille Louise dont il ignorait l’existence.
Cette découverte va chambouler sa vie. Désormais, il ne supporte plus la solitude. Il ne veut plus être « un homme qui se trempe dans un trou de glace pour vérifier s’il était encore vivant. » Il s’ouvre enfin, va vers les autres
J’ai bien aimé le côté austère de ce roman. Pas d’esbroufe, rien de sensationnel, mais une plongée dans la tête d’un homme seul. Il n’a rien d’un philosophe, rien d’un intellectuel, aucune pensée qui pourrait nourrir notre réflexion. Non, il est ordinaire, et après une vie (à peu près) ordinaire, il se dirige vers une fin ordinaire. Mais il nous touche !


(traduit du suédois par Anna Gibson et paru aux éditions du Seuil)