Murakami - 1Q84 - 1(par Alexandra)

Voici donc le super bestseller du Japon ! Je suis fan de Murakami depuis longtemps, et évidemment, j’attendais avec impatience la traduction française du phénomène. Or, je suis déçue, très très déçue ! Ce n’est certainement pas le Murakami que j’aime, celui de « Kafka », non, c’est un auteur de bestsellers pour ados. Et encore. Il n’est pas sûr que les ados tolèrent la longueur et l’ennui, car il faut se forcer pour aller au bout des 531 pages du premier livre de cette trilogie, dans lesquelles quasiment rien ne se passe. On ne peut se défaire de l’impression que Murakami se fait payer à la ligne ! Les personnages parlent, ça oui, ils parlent… pour ne pas dire grand’ chose. Le roman est presque entièrement dialogué, des dialogues qui manquent cruellement de substance. Et là, où il est descriptif, il nous renseigne sur des futilités dont on pourrait bien se passer… Aomamé boit des Tom Collins, porte un blouson Calvin Klein, met des pages à ajuster ses vêtements, voudrait coucher avec le sosie de Sean Connery, n’aime pas Queen, ni Abba. Elle avoue être bi-. Sa vieille commanditaire boit du Chablis, porte une robe Givenchy…D’autres ont des sacs Gucci, des costumes Hugo Boss… A quoi cela rime-t-il ? Murakami serait-il devenu une fashion victim, ou pire : écrit-il cela pour leur plaire ? De la démagogie ?

Autre exemple d’ineptie : Page 229. Je cite : «Très peu de gens, sans doute, pourraient se targuer d’avoir atteint la maestria avec laquelle Aomamé envoyait un coup de pied aux testicules […] Le plus crucial quand on cherche à viser les testicules, c’est d’éliminer toute timidité Il convient d’attaquer son adversaire au point le plus faible sans pitié, avec férocité, de manière foudroyante. D’agir à la manière de Hitler, lequel a envahi la Hollande et la Belgique au mépris de leur proclamation de neutralité, a lancé son attaque sur les défenses les plus faibles de la ligne Maginot, et aisément contraint la France à capituler…» Aïe ! J’ai mal ! Quel blabla ! Au secours !

Y a-t-il tout de même une histoire ? Oui, une tueuse à gages (Aomamé), dévoreuse d’hommes à ses heures mais amoureuse depuis toujours d’un ancien camarade d’école… (qu’est-ce qu’elle fait déjà  dans le roman, je ne me rappelle plus…)… en tout cas, on comprend que cet homme doit être le deuxième protagoniste principal. Il s’appelle Tengo, prof de maths et écrivain en devenir qui joue le nègre pour une mystérieuse fille de 17 ans, Fukaéri, auteure de « La chrysalide de l’air », récit qui met en scène des « Little People », créatures de toute évidence peu sympatiques…

Au bout d’un moment, il y a un début de monde parallèle qui s’insinue dans l’histoire, mais vraiment qu’un début !

J’avoue que vers la page 400, l’action devient un peu plus intéressante : le leader d’une secte qui viole de jeunes filles, et les Little People font exploser une chienne…(je me suis même dit qu’il fallait peut-être acheter le tome II…) pour retomber plus loin dans les bavardages et se terminer (comme déjà mentionné) à la page531. Point.

Je veux bien admettre qu’il faille installer un cadre, des personnages, une ambiance etc etc… mais trop, c’est trop. On meurt d’ennui et de trivialité ! Je veux qu’on me rende mon Murakami ancien modèle !

(traduit du japonais par Hélène Morita et paru aux éditions Belfond)