Vigan - les heures souterraines(par Alexandra)

Cela commence mal à mon goût : le personnage central va consulter une voyante… pour apprendre que le 20 mai sa vie changera !

C’est le genre d’accroches accrocheuses dont j’ai horreur ! J’ai quand même surmonté mon envie de reposer immédiatement le livre, car des copines m’ont dit beaucoup de bien de cette auteure…

En fait, c’est un roman dans la lignée des Lévi, Gavalda et autres Foenkinos ; écrit dans un style très simple, ancré dans la triste réalité d’aujourd’hui, sans implicite, sans autre message que celui formulé explicitement, saisissable pour le plus grand nombre.

Message que l’on peut résumer ici en une phrase : La vie moderne détruit l’homme.

Pour le reste, il suffit de donner quelques mots-clés pour que tout un chacun puisse aussitôt imaginer l’histoire, celle-ci ou une autre, en tous points semblable…

On essaie ?

La première ? Mathilde, 40 ans, veuve, 3 enfants, métro / RER, cadre dans une grande entreprise, victime d’harcèlement moral par un supérieur, travail = calvaire, vie ≠ vie, naufrage.

La deuxième ? Thibault, même âge, médecin urgentiste à Paris, existence vide de sens et d’affection, poids écrasant de la ville, embouteillages, rencontres désolantes avec des patients désespérément seuls.

Voilà. Vous y êtes ? Je pense que vous avez tout compris.

Personnellement, ce livre m’a prodigieusement agacée (il est vrai que je me suis mal remise du début !). En raison de son style simpliste d’une part (il me semble ne pas avoir rencontré de passé simple du tout…), et d’autre part parce qu’il se vautre dans un misérabilisme caricatural qui pousse irrémédiablement le lecteur dans un cafard noir ! Au bout d’une centaine de pages, on n’en peut plus déjà, et il faut en avaler encore 150 autres… toujours la même chose, ça se répète, ça insiste, ça tourne en rond, ça plonge…! Et ils ne se suicident même pas à la fin ! D’ailleurs, il n’y a pas de fin !

Bon, je me dis que je suis peut-être un peu dure ; qu’on peut certainement avoir une vision différente de ce roman. Je vous ai donné mon ressenti personnel, à vous de jouer à présent !

(paru en format poche chez LDP)