Ruge - Quand la lumière décline

(par Alexandra)

Je suis un peu embêtée pour parler de ce roman allemand. Il ne m’a pas déplu, non, il est plutôt intéressant, bien construit... Et pourtant, je ne trouve pas grand’ chose à en dire. Disons qu’il est « plat », sans relief. Rien qui accroche, qui l’illumine, pas de personnage auquel on pourrait s’attacher…

Il s’agit d’une chronique familiale qui comprend quatre générations de la famille Umnitzer, largement inspirée de celle de l’auteur. Le récit n’est pas chronologique, mais agencé comme un puzzle, avec des perspectives qui changent. Au lecteur de reconstituer l’ensemble.

Les Umnitzer sont citoyens de RDA car c’est là que s’installent en 1952 les aïeux Wilhelm et Charlotte après un passage par l’Union soviétique et le Mexique. Ce sont des communistes convaincus, des notables bien vus par le parti et qui jouissent de privilèges certains. Mais les générations se suivent, et les convictions idéologiques se perdent au fur et à mesure. Ainsi, le petit-fils de Wilhelm et de Charlotte passera à l’ouest juste avant la chute du Mur…

Le roman nous conte la vie quotidienne de ces gens en RDA, leurs rêves, leurs désillusions, leur jeunesse et leur vieillesse et la déchéance physique qui l ‘accompagne.

Il n’ y a pas de règlement de compte avec le régime, même si la réalité politique fait parfois irruption quand il est question, par exemple, de dissidents comme Robert Havemann dans une des nombreuses discussions politiques.

Finalement, Eugen Ruge nous offre surtout l’occasion de constater que la vie en RDA comportait certes des contraintes différentes des nôtres, mais que les gens étaient avant tout préoccupés par la même chose que nous, c’est à dire leur propre personne…

 

(Titre orginal : « In Zeiten des abnehmenden Lichts » , trad. de l’allemand par Pierre Deshusses et paru aux éditions Les Escales)