Andric - L'éléphant du vizir

(par Alexandra)

La première nouvelle (très longue) de ce recueil du même titre, commence par ces mots :

« En Bosnie, villes et bourgades sont pleines d’histoires. Et dans ces histoires pour la plupart imaginaires, sous le manteau d’événements incroyables et sous le masque d’appellations souvent fictives, se cache l’histoire réelle et non avouée de cette contrée, des hommes vivants et des générations éteintes. Ce sont de ces mensonges à l’orientale dont le proverbe turc affirme qu’ils sont ‘plus vrais que la vérité’ ».

L’auteur nous livre ici clés en mains le mode d’emploi pour déchiffrer ce conte philosophique qui a pour cadre l’époque la Bosnie sous l’occupation ottomane.

Il nous parle de la ville de Travnik où les vizirs se succèdent et se ressemblent au fond, même si chacun a ses lubies, sa réputation, son animal préféré…

Le nouveau vizir dont il est question fera venir un éléphant. Cette bête deviendra l’objet de la haine de la ville entière. Ensemble, les habitants s’emploieront à s’en débarrasser, à défaut de pouvoir se débarrasser du vizir. L’éléphant cristallisera la haine, la soif de vengeance de la population trop lâche pour s’attaquer au vizir lui-même, car plusieurs siècles d’occupation ont forgé une mentalité de soumis.

J’avoue que je n’ai pas lu les autres nouvelles du recueil. Je suis malheureusement totalement hermétique à ce genre littéraire, à ses thèmes, au style. Je n’ai même jamais réussi à lire les « Mille et une nuits », c’est dire !

Je laisse donc Ivo Andric aux amateurs de fables orientales…

(traduit du serbo-croate par par Janine Matillon et paru aux éditions Le Rocher dans la collection ‘Motifs’)