Chevalier Tracy - L'innocence

(par Alexandra)

Disons-le d’emblée : ce roman de Tracy Chevalier ressemble comme une goutte d’eau aux autres romans de Tracy Chevalier ! Même recette, mêmes ingrédients, mais effet bien inférieur à « La jeune fille à la perle », par exemple.

On savait déjà que ce n’est pas pour leur qualité littéraire que ses romans se vendent, mais ici on est quand même bien plus proche de la littérature pour jeunes que pour des lecteurs adultes. C’est d’une naïveté et d’une simplicité à pleurer. L’histoire n’a aucun intérêt : une famille du Dorset suit un cirque à Londres où les enfants apprennent la vie… avec des bons et des méchants, et oui…  Là où « La jeune fille à la perle » nous initiait aux secrets de la peinture de Vermeer ou « La dame à la licorne » à ceux de la tapisserie, on apprend ici en deux pages la boutonnerie. Point.

Mais alors pourquoi avoir choisi ce livre, me direz-vous ! Et bien, parce que dans sa description, j’ai lu qu’on y rencontrait le poète William Blake. Chouette, me suis-je dit, j’adore ce poète-peintre-graveur assez extravagant. Pourquoi ne pas plonger dans son univers ? William Blake à la place de Johannes Vermeer, j’étais partante !

Certes, on entre un peu chez les Blake, dans leur jardin plein de ronces aussi. On apprend quelques vers, on apprend que Blake aime bien les contraires, qu’il était mal vu car révolutionnaire (avec un bonnet rouge, s’il vous plaît !). On nous parle de sa gentillesse, de la gentillesse de sa femme, de la taille de sa presse (d’imprimerie) qui remplit une pièce entière, et, UNE FOIS, les enfants accèdent au grand salon où sont exposés les tableaux… qui les étonnent!

Voilà. Et si quelqu’un m’oppose que Tracy Chevalier nous peint merveilleusement le Londres de la fin du 18è (je l’ai lu quelque part), je rigole. Qu’il aille faire un tour ailleurs, ici il n’y a rien à voir.

(traduit de l’anglais par Marie-Odile Fortier-Masek et paru en format poche chez FOLIO)